La Journée Nationale de Reconnaissance à Dieu (JNRD), organisée au stade omnisports de Lomé, suscite une vive polémique. Pour Sam Kodjovi ADAMBOUNOU, Secrétaire général du CO.CA.CEE, l’événement n’a rien d’une célébration spirituelle : il s’agirait d’une mise en scène politique dans un contexte national marqué par la souffrance et les injustices.
“On remercie Dieu pendant que le peuple agonise… cela n’a aucun sens.”
ADAMBOUNOU dénonce un contraste “choquant” entre la grand-messe officielle et la réalité vécue par les Togolais : injustice, corruption, répression, arrestations arbitraires, instabilité foncière… Selon lui, l’Église évangélique a renoncé à son rôle prophétique en se tenant aux côtés du pouvoir plutôt qu’à celui du peuple.
“Ce qui se passe aujourd’hui est une instrumentalisation de la foi. Ce n’est pas de la reconnaissance : c’est de la compromission.”
Pour le CO.CA.CEE, cette journée aurait dû être un moment de réflexion, de jeûne et de prière “pour un pays en détresse”, et non une scène festive visant à donner une image d’un pays prospére.
“L’Église n’a pas été à la hauteur. Elle doit redevenir la voix des opprimés.”
Alors que la JNRD se voulait un moment d’unité nationale, elle révèle au contraire une fracture profonde au sein du christianisme togolais. La question reste posée : l’Église doit-elle accompagner le pouvoir ou défendre les injustices sociales ?

